L’ADOLESCENCE

L’ADOLESCENCE

riggiline . Publié dans Enfants / Parents 2632

Etre Famille, vous propose une réflexion sur l’adolescence :

Une petite liste non exhaustive suffit à elle seule à poser le décor: premières règles, premières moustaches, acnée, apparition de la poitrine, mue de la voix, sautes d’humeur… Et n’oublions pas l’éveil du sentiment amoureux et du désir sexuel ! Il faut bien le reconnaître, ça fait tout de même beaucoup ! Sans compter que tous ces chamboulements se font, somme toute, sur une période assez courte (même si elle doit parfois sembler interminable pour les parents !). Bref, que de changements, à la fois si attrayants et si effrayants…Vater schimpft mit Teenager-Tochter

C’est un horizon inconnu qui s’offre aux concernés et qui est tout autant à découvrir pour l’entourage, en premier lieu les parents. Ce véritable chamboulement intérieur se produisant tant au niveau des données physiques que de l’intellect, c’est assez ambiance « feu d’artifice » à ce moment là dans les têtes ! On quitte plus ou moins à regret notre enfance et notre innocence (bien que l’enfance est loin d’être toujours un monde doré et idéal) et en même temps, le monde des adultes, cette porte ouverte à une séduisante liberté et autonomie, agit comme un aimant.

Il ne faut donc pas s’étonner que les ados nous déconcertent parfois. Période de tensions intérieures, ils sont contents de se découvrir toutes ces nouvelles envies (écouter de la musique, prendre soin de son look, sortir entre amis sans les parents…) mais c’est aussi le temps des désillusions: ils prennent réellement conscience que le monde n’est pas aussi idéal et parfait qu’ils le pensaient ou le souhaitaient. Il leur faut abandonner un schéma mental qui les a jusqu’à présent guidé sans savoir pour autant vers quoi ils se dirigent. Dans cette période d’incertitudes, l’adulte en devenir est comme jamais perméable aux idées des autres, aux remarques positives comme négatives. Une vraie pâte à modeler qui, bien souvent, pour masquer sa vulnérabilité, se construit un personnage assez caricatural (looks « gothique », « rappeur », « grunge », « jeune fille de bonne famille », « bad boy »…). Nombreux sont les ados qui clament haut et fort leur côté unique mais portent pourtant les chaussures, sacs à dos et vêtements de mêmes marques ! Car les marques, ça rassure, un peu comme la pensée magique pour les enfants, qui se rassurent et puisent leur force dans leur doudou ou jouet préféré.

A forces opposées, réactions exacerbées: l’ado ne rie pas, il est « mort de rire », l’ado ne pleure pas, il sanglote, ne pas apprécier quelqu’un, c’est le détester… L’ado, c’est par définition contradictoire: un jour c’est blanc, un jour c’est noir ! Dur-dur dans ces conditions pour les parents de s’y retrouver et de trouver les mots qu’il faut pour que le message passe, sans tomber dans des remontrances, leçons de morale ou reproches quotidiens, qui trouvent rarement un écho favorable. Un peu centré sur son monde (mes amis, mes amours, mes soucis, mon lycée…), les adolescents sont, par certains côtés, égoïstes et ce n’est pas forcément évident pour les parents de s’y retrouver et faire valoir leur autorité.

depressed tenage girlTous ces éléments, s’ils ne doivent ni être dramatisés à l’excès, ni être pris à la légère (la planète « ados » est certes un peu déconnectée de la « vraie vie » mais les souffrances ressenties sont elles, bien réelles), ne doivent pas empêcher et faire oublier aux parents de jouer leur rôle primordial d’encadrant. Il faut autant que possible fixer les limites que les ados, en pleine affirmation d’eux-mêmes, vont chercher à tester et repousser. Car les tentations et dangers actuels sont grands (alcool, drogue, tabac, violences psychologiques et physiques gratuites…).

L’ado sait parfois se montrer très dur, insolent et méchant, il teste ses limites en se frottant aux autres et à toute forme d’autorité, un peu comme une souris de laboratoire qui, arrivant en milieu inconnu, va se cogner aux parois pour sortir. A l’opposé, certains ados vont au contraire « s’effacer » et entrer dans un schéma de soumission/résignation, par timidité et parce qu’ils n’arrivent pas à s’affirmer dans un groupe ou par rapport à la forte personnalité d’un ou des parents.
De leur côté, pour les parents aussi, cette période de mue est difficile: ils doivent accepter de « perdre » leur(s) enfant(s) et arriver à faire face, malgré un comportement si déroutant, qu’ils ont presque du mal à les reconnaître.problem

Il n’y a pas de solution miracle mais la communication, aussi difficile soit-elle, reste la base pour arriver, pour les 2 parties, à s’y retrouver. Le fait d’interdire, de moraliser systématiquement, marche rarement. Il faut apprendre à faire confiance et s’efforcer autant que possible de trouver les mots qui provoqueront une certaine prise de conscience : « Ok, tu veux sortir comme un grand alors comporte toi en tant que tel, comme une personne raisonnable qui sait les limites à ne pas dépasser et qui prend en compte les angoisses de ses parents« . Car après tout, il n’est pas inutile de rappeler à son enfant qu’il n’est pas seul au monde et que tout le monde à ses faiblesses et problèmes à affronter.

Voilà, prenez autant que possible du recul quand votre ado vous sort des méchancetés. Dans le fond, il ne les pense pas vraiment, c’est « juste » lié à la période de turbulences qu’est l’adolescence. Le meilleur rôle que vous puissiez avoir pour lui rendre service c’est de résister et de ne pas céder, même si la situation vous excède.

Alors courage !

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