LA MIGRAINE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

LA MIGRAINE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

riggiline . Publié dans Santé 10614

Les céphalées sont trop souvent sous-estimées chez les jeunes, que ce soit chez des enfants qui ont particulièrement besoin d’aide, ou chez des plus grands qui entrent dans l’âge adulte.
Ces informations de base n’entendent en aucun cas remplacer ou retarder une visite chez le médecin.
On dit souvent et à tort, que « plus on est petit, plus la douleur est petite ». Ou encore que « les enfants n’ont pas de céphalées et certainement pas de migraines ». Et pourtant, les maux de tête sont fréquents, de la petite enfance à la puberté, en passant par l’âge scolaire. Ils se manifestent sous des formes les plus diverses. Leurs répercussions, souvent sévères, varient en fonction de l’âge. On sous-estime généralement la souffrance provoquée par la douleur et la gêne qu’elle occasionne chez ces jeunes patients. Sans oublier l’importance des répercussions de ces maux de tête sur leur développement et, en particulier, sur leurs résultats scolaires, avec leur cortège de troubles de l’attention et de la concentration, voire même une interruption de la scolarité.
Une analyse approfondie et une approche médicale différenciée sont indispensables pour pouvoir poser un diagnostic correct et initier le traitement approprié.
La première question à se poser est de savoir si les céphalées ne sont pas le signal d’alarme d’un grave problème de santé.
Heureusement, il s’agit le plus souvent de quelque chose de bénin.

LES DIFFERENTS TYPES DE CEPHALEES

 

CEPHALEES ÂGE CIRCONSTANCES
Migraine et

équivalent migraineux

Dès la

petite enfance

Le plus souvent

familiales, génétiques

Céphalée par

tension nerveuse

Dès l’âge

scolaire

Tensions physiques

et psychiques

 

CEPHALEES SECONDAIRES

 

CEPHALEES EN TANT QUE SYMPTÔMES ÂGE
CAUSES ET FACTEURS DECLENCHANTS
Problèmes ORL Dès l’âge scolaire Voies respiratoires encombrées, infectionsdu nez et des sinus
Problèmes oculaires Dès l’âge scolaire En particulier lorsd’une hypermétropie
Problèmes dentaireset de mastication Dès l’âge scolaire Excès de chewing-gum,problèmes de dentition(appareil dentaire)
Maladies fébriles Tous âges
Maladie grave,accident Tous âges Nombreuses maladies,méningite, hémorragiecérébrale, tumeur,blessure à la tête

MIGRAINE, CEPHALEE PAR TENSION NERVEUSE OU AUTRE CHOSE ?

La céphalée par tension nerveuse et la migraine dominent largement chez l’enfant et l’adolescent. Ces types de céphalées se distinguent assez facilement des céphalées secondaires grâce à une description minutieuse, à leur évolution et aux symptômes associés. La tenue d’un journal des céphalées pendant plusieurs semaines d’affilée aide à poser le diagnostic. Un examen neurologique approfondi peut confirmer l’absence de signes de maladie et conduire à l’identification de céphalées primaires (le plus souvent une céphalée par tension nerveuse ou une migraine).

SIGNAUX D’ALARME / URGENCE !

  • Maux de tête soudains et très violents
  • Aggravation rapide
  • Céphalées qui réveillent la nuit
  • Fièvre, nuque raide, mal-être général
  • Troubles cérébraux, perte de conscience, changements du comportement, perte d’équilibre, tendance à l’asoupissement, nausées, vomissements, troubles de la vision, crises, paralysies
  • Après un accident

URGENCE DIFFEREE

  • Céphalées nouvelles, jusque-là inconnues
  • Croissantes
  • Persistantes, chroniques
  • Vomissements au réveil
  • Changement de comportement
  • Absences scolaires fréquentes
  • Gêne visible lors des loisirs

A SIGNALER LORS D’UNE PROCHAINE CONSULTATION

  • Céphalées répétées
  • Echec du traitement
  • Problèmes scolaires, absentéisme scolaire
  • Problèmes de développement
  • Changements psychiques
  • Changements de mode de vie
  • Prise de comprimés plusieurs fois par semaine
  • Anxiété, problèmes de sommeil
  • Famille/environnement perturbateur

LES CEPHALEES PAR TENSION NERVEUSE

Les céphalées par tension nerveuse sont fréquentes chez l’enfant et l’adolescent. Elles surviennent soit de manière « épisodique », c’est-à-dire passagèrement et plusieurs fois par mois, soit de manière « chronique », c’est-à-dire plus de quinze jours par mois, et ce, pendant plus de trois mois consécutifs.

  1. Les céphalées épisodiques : il s’agit de maux de tête « ordinaires », qui surviennent au cours de la journée et durent d’une demi-heure à un jour complet. L’enfant se plaint de douleurs légères à modérées qui sont ressenties le plus souvent comme un bandeau qui lui comprime la tête. Certains enfants poursuivent leurs activités comme si de rien n’était. D’autres se plaignent de maux de tête sans que cela ne les gêne vraiment dans leurs activités. Chez les enfants d’âge scolaire, cela peut se traduire par une baisse d’attention pendant la classe ou le soir en faisant leurs devoirs. Le passage de céphalées par tension nerveuse épisodiques à des crises migraineuses est parfois insidieux. Dans la période intermédiaire, l’enfant souffre de douleurs pulsatiles, de nausées et d’une forte baisse des performances. On observe parfois chez l’enfant une modification de ses maux de tête au cours de son développement. Passer de céphalées par tension nerveuse à des migraines, et inversement, est fréquent chez l’enfant et l’adolescent.Michelle
  2. Les céphalées chroniques : comme leur nom l’indique, ces céphalées sont persistantes et quotidiennes. Les enfants se réveillent avec des douleurs. Celles-ci apparaissent parfois durant la matinée. La plupart des enfants ont du mal à décrire leurs douleurs et mentionnent une sensation de pression et de tension, sous la forme d’un bandeau qui enserre la tête ou qui se déplace de l’arrière vers l’avant. Ils racontent de manière très imagée leurs souffrances en utilisant des expressions comme « un ballon qui se gonfle », « un casque », « un serre-tête », « un étau », « un poids sur la tête », « un mal à la racine des cheveux », « une poutre sur le front », « une bille qui roule d’avant en arrière » etc… Les parents constatent que l’enfant oublie ses symptômes quand il est distrait par un événement imprévu ou regarde une émission drôle à la télévision. Subitement, l’enfant n’a plus de symptômes, contrairement à ce qui se passe dans la crise migraineuse, quand il se retire de lui-même au calme, en raison de son hypersensibilité à la lumière et au bruit ou parce que la télévision devient un véritable supplice. Il est intéressant de constater que non seulement les céphalées chroniques ne sont pas aggravées par l’activité physique mais que cette dernière les diminue en intensité. Les activités quotidiennes des enfants sont alors rarement gênées. Ils continuent à jouer, à aller à l’école, tout en se plaignant de leurs céphalées. Ces symptômes s’aggravent presque toujours au repos. L’enfant a du mal à s’endormir, ses maux de tête s’intensifient subitement et le perturbent. Une fois le sommeil trouvé, ils disparaissent entièrement durant la nuit. Chez certains enfants, ils entraînent parfois un réveil un peu plus précoce.
  3. Causes et facteurs déclenchants :  

 PROBLEMES EMOTIONNELS

              • Tensions à la maison
              • Naissance d’un frère ou d’une soeur
              • Surmenage
              • Insatisfaction personnelle
              • Solitude

ECOLE ET FORMATION

              • Attentes excessives
              • Examens
              • Difficultés scolaires

MODE DE VIE

              • Excès d’activités extra-scolaires
              • Ambitions sportives exagérées
              • Manque de sommeil/horaire irrégulier du coucher
              • Horaire irrégulier des repas
              • Abus divers

 

QU’EST-CE QUE LA MIGRAINE ?souffrance

La migraine est un trouble cérébrale fonctionnel associant des maux de tête à des symptômes neurologiques ou généraux. Elle survient sur un terrain propice et serait due à une modification de l’excitabilité cérébrale.
Les processus en cause dans le cerveau peuvent être montrés chez l’adulte par imagerie, tout comme les fluctuations de la circulation dans les vaisseaux sanguin du cerveau : rétrécissement (vasoconstriction avec diminution du flux sanguin) et élargissement (vasodilatation avec augmentation du flux sanguin). Il est vraisemblable qu’une erreur de commande du nerf trijumeau (réflexe trigémino-vasculaire) joue un rôle clé dans la vasodilatation qui est à l’origine de la douleur.
Ces découvertes sont dues, pour une grande part, à la recherche sur les triptans, une nouvelle classe de substances qui, sans être à proprement parler des antalgiques, atténuent de manière ciblée les douleurs dans les vaisseaux méningés.

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