Terreur nocturne chez l’enfant

Terreur nocturne chez l’enfant

riggiline . Publié dans Enfants / Parents, Luxembourg, Pedo-psychiatres, Santé 4003

(1) Les peurs nocturnes de l’enfant : de quoi s’agit-il ?

 

L’autre nuit, mon enfant a soudain hurlé, s’est dressé sur son lit, comme halluciné. Je ne savais pas quoi faire… 

C’est très spectaculaire, un accès de terreur nocturne. D’un épisode agité à du somnambulisme, en passant par de l’énurésie, ces « crises » nous laissent démunis face à ce que vit notre enfant.

 

Cauchemars et parasomnies

Cauchemars et parasomnies sont des activités nocturnes inconscientes.  Lors d’un cauchemar, l’enfant s’éveille, et craint de se rendormir. Il appelle ses parents, cherche un réconfort. Les très spectaculaires parasomnies, à savoir le somnambulisme, l’énurésie nocturne, et les terreurs nocturnes, n’éveillent pas l’enfant. Il se dresse sur son lit, halluciné, comme s’il était ailleurs, crie… et ne se souviendra de rien le lendemain matin.

 

Le signal d’une douleur

Ces états sont le signe d’une émotion que l’enfant, dès 2-3 ans, a subie. « Ce peut être la journée précédente, mais peut-être les angoisses, les peurs se sont-elles accumulées » précise  Agnès Gigi, pédo-psychiatre. Angoisses, peurs dues à des événements que l’enfant perçoit avec sa sensibilité: annonce d’une naissance qui menace sa place dans la famille, un deuil, des parents en dispute, de la violence à l’école…  Ces manifestations  nocturnes expriment donc une douleur. C’est très inconfortable de vivre ses affects, en particulier lorsqu’on n’a pas encore les moyens de les traiter.

 

Les formes effrayantes des émotions

Durant la journée, l’enfant vit toutes sortes d’expériences, reçoit quantité d’informations, éprouve toutes sortes d’émotions. Elles nourrissent un imaginaire qui prend parfois des formes effrayantes. Ainsi un enfant en colère rêvera-t-il peut-être d’un loup à la gueule ouverte, prêt à dévorer un lapin…

 

L’inconscient au travail

Le Dr Gigi pointe que « L’activité nocturne inconsciente permet d’intégrer, de « digérer »  ce que l’enfant ne parvient pas à traiter. » Eléonore Crickx, psychothérapeute, met en évidence ce qu’expriment les cauchemars : « C‘est le retour du refoulé. Lorsqu’un enfant a vécu un moment pénible dans la journée,  cet événement sera exprimé par son inconscient durant la nuit suivante. »  Quand tout se passe bien, l’enfant se réveillera en ayant intégré cette épreuve… Peut-être ne s’en souviendra-t-il plus ! « Si le rêveur se réveille, dit aussi E. Crickx, c’est que les images du cauchemar approche sa conscience et qu’il ne le supporte pas. Le rêveur n’est pas près pour aller plus loin » .… Si l’épisode se répète, il faut s’en préoccuper : notre enfant ne parvient pas à passer au travers d’une difficulté.

 

J. Daloze

 

 

(2) Les peurs nocturnes de l’enfant : que pouvons-nous faire ?

 

Lorsque notre enfant s’agite pendant la nuit, hurle parfois, nous voudrions l’aider dans ce que nous ressentons comme quelque chose de bien douloureux pour lui.

 

Etre avec lui, tout simplement   

Lorsqu’il s’agit d’un épisode isolé de parasomnie, s’asseoir près de lui et attendre la fin de la crise, éventuellement en lui tenant la main, constitue l’attitude la plus adéquate.

Si c’est oublié le lendemain, qu’il n’en parle pas, « Il n’est pas forcément nécessaire de revenir là-dessus » suggère Agnès Gigi, pédo-psychiatre.

 

Et s’il se réveille ?chevalier-dragon.jpg

S’il se réveille et  parle de son cauchemar, à nous de le rassurer sur ses émotions à partir de ce qu’il exprime. L’enfant peut craindre ce loup qu’il a rêvé. Il faut alors lui dire que ses émotions lui appartiennent et sont dignes d’être reconnues. Il ne faut pas avoir peur de son « loup intérieur » : « Toi aussi, tu as envie de mordre. »… Une intervention d’autant plus aisée que nous serons nous-mêmes au clair avec nos propres émotions.

 

Suivre l’enfant plutôt que le précéder.

Acceptons – et ce n’est pas toujours facile – d’entendre ce qui cause problème à nos enfants. Nous ne vivons pas toujours avec eux, nous ne percevons pas les choses de la même façon qu’eux, et comment le pourrions-nous ?  Le maître mot : l’écoute du coeur, qui nous permet d’accompagner l’enfant.

C’est lui qui sent ce qui lui fait mal, et n’arrive pas toujours à l’exprimer. Que notre intervention offre une ouverture plutôt que de l’enfermer dans nos interprétations. Évitons les : « Ce n’est rien ! », les interprétations qui enferment : « Tu rêves ça, parce que  … », préférons : « Qu’est-ce qui te fait peur ? », « Je suis là, à côté de toi… ». Suivons-le, accompagnons-le, bien certains que les épreuves de la vie peuvent aussi faire grandir.

 

Le lendemain, on peut l’interroger sur la journée précédente pour tenter de repérer le moment difficile qui a pu déclencher ce rêve : « Comment s’est passé ta journée hier ? »  Un dialogue peut alors démarrer pour recadrer l’événement : « Tu as vu à la télévision des hommes qui se battaient… Ah oui… Et maintenant tu as peur que ça arrive pour toi? C’était les informations. C’est vrai que ça arrive. Ici, c’est la paix, et papa et moi, nous te protégeons… » ou bien :  « Jérôme t’a bousculé, et tu n’as rien osé dire, parce qu’il est plus fort ? Tu t’es senti tout seul ? Qu’est-ce que tu pourrais faire pour ne plus avoir peur que Jérôme te bouscule… »

Lorsque mes enfants étaient effrayés par un événement, familial ou extérieur, ils dressaient entre eux la liste des personnes qui pouvaient les protéger : leurs parents, des voisins, les parents de leurs amis…

Quand nous écoutons vraiment notre enfant, nous lui faisons passer le message qu’il est digne d’être entendu, que ses émotions sont dignes d’être prises en compte, quelles qu’elles soient. Ce faisant, nous renforçons sa confiance en lui-même et donc sa capacité à résoudre lui-même ses difficultés, donc à grandir.

 

 

Et si ça recommence ?

S’il récidive, attention. L’enfant vit quelque chose de douloureux, dont il ne sait que faire.  Notre présence sécurisante peut l’aider à traverser cette épreuve.

Il lui faut peut-être du temps pour « digérer » cette difficulté : l’annonce d’une naissance pour un enfant unique jusqu’alors par exemple. C’est tout un équilibre qui est remis en cause, et doit être rétabli autrement.  Notre enfant a des ressources, il faut lui faire confiance, et l’entourer de notre affection attentive, non étouffante.  Parfois, nous n’avons pas la capacité ou les ressources nécessaires ; c’est alors le moment de consulter.

 

Un enfant est un être en chemin. Bien sûr que nous avons peur de ce qui peut lui arriver, et peut-être de nos propres réactions erronées. Rappelons-nous que nous n’avons aucune obligation de perfection. L’enfant va son chemin et grandit, notamment avec ce que nous lui donnons. Notamment…

 

Information : Eléonore Crickx propose Les Ateliers des Parents, à Arlon – renseignements et inscription +32(0)0474-46 52 88 ou sur le site .

 

J. Daloze

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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