TOCS – TOC

TOCS – TOC

riggiline . Publié dans Bien être, Philosophie 3466

 Toc-toc, qui est là ? !     Les Troubles Obsessionnels Compulsifs, ou « l’invasion des éléments subversifs ».

Il y a maintenant près de 10 ans de cela, en plein épisode de dépression, toute déstabilisée et perturbée que j’étais, j’ai inconsciemment ouvert la porte à ces éléments nuisibles qu’on appelle communément TOCS (troubles obsessionnels compulsifs) qui, tout comme la mauvaise herbe dans un jardin, ont peu à peu envahi mon esprit dans ses moindres recoins.

Ainsi, silencieusement, insidieusement, ils ont progressivement pris position dans ma vie, jusqu’à instaurer leur dictature totalitaire et régenter quasiment la moindre de mes pensées et de mes actions.

Vous allez me dire : « Comment est-ce possible d’en arriver là ? » ou  « Ca, c’est bien une chose qui ne m’arrivera jamais !».  Après une décennie à vivre en  « collocation » avec eux, je me permettrai de répondre avec assurance : « que nenni, dans la vie, tout est possible, il ne faut jamais dire jamais !».

J’ai vécu, de ma naissance à mes 22 ans, sans rien de tout cela en tête et je ne me suis jamais imaginée qu’un jour, je me retrouverais dans la même situation que ces personnes qui viennent témoigner dans des émissions au sujet de cette pathologie pour le moins sournoise.

Je m’estime à présent à nouveau saine d’esprit (dans le sens où j’ai remis de l’ordre dans mes idées et ma vie) et pourtant, encore aujourd’hui, je reste perplexe face à la rapidité avec laquelle les TOCS se sont mis en place. Certes, j’étais vraiment amoindrie psychologiquement mais même avec du recul, le souvenir de ce « déploiement de forces » si brutal et rapide me semble encore irréel. En fait, je n’en ai pas du tout pris conscience sur le moment, j’étais bien trop « déconnectée » et déphasée. J’étais à l’époque guidée par un flot d’émotions qui me submergeaient et comme une réponse à cet état d’angoisse et ce sentiment terrifiant de perdre pied que j’avais alors, les TOCS ont inexorablement pris le pouvoir. D’une certaine façon, ils sont venus combler ce vide que je ressentais en moi et dans ma vie et par cette fausse impression qu’ils m’ont donnée de maîtriser à nouveau un tant soit peu mon environnement donc de maîtriser ma vie, ils se sont implantés sans rencontrer la moindre résistance de ma part. Mais en réalité, sous couvert de rétablir l’ordre, c’était bel et bien d’esclavage mental dont il était question, en forme de cercle vicieux, de boucle sans fin : les journées se répétaient à l’identique, à la fois vides de sens et remplies de toutes ces actions irraisonnées, mécaniques et inutiles. N’importe quel choix, même le plus anodin qui soit (choisir ses habits pour la journée, choisir ses couverts pour le repas…) était devenu sujet à longue et intense réflexion et chaque action qui finissait par en découler prenait elle aussi un temps conséquent. Et plus je ritualisai les gestes, répétais les actions, quadrillais au millimètre, à la minute près, la gestion de chaque journée pour tenter (vainement, de manière illusoire) de me rassurer et diminuer mes angoisses, plus je devenais assujettie à cet état despotique.

Et qu’il est difficile de se révolter, quand cela s’est si profondément ancré dans votre mémoire que s’en est devenu une seconde nature et que vous avez presque oublié comment c’était la vie, avant, sans TOCS ! Plus de spontanéité, chacun des actes était désormais calculé et me coûtait une énergie folle.

Je comprends tout à fait que les comportements liés aux TOCS puissent paraissent risibles, incompréhensibles, fassent peur et/ou mettent à bout de nerfs l’entourage des personnes qui en souffrent (c’est humain, c’est tellement irrationnel comme phénomène). Pourtant, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de dire : essayez de ne pas vous moquer, de ne pas juger…

Car la honte, et la culpabilité, on les ressent déjà assez, à se comporter de manière si peu naturelle devant ses proches qui ne vous reconnaissent plus, et à avoir l’impression de se donner en spectacle et d’être infiniment ridicule. Bref, les TOCS, c’est une prison, un poison, une vraie gangrène du cerveau.

Le phénomène suivant les aléas du moral, il y a des périodes de « rémission » et des pics, lesquels sont d’autant plus douloureux à supporter que l’on est de facto particulièrement pas bien dans sa peau à ce moment là.

Au fait, vous demandez-vous peut-être comment les TOCS se matérialisent-ils ? L’imagination étant sans limites, les « possibilités » sont infinies ! Pour ma part, cela s’est principalement traduit par des rituels (ex : je pose et repose plusieurs fois un objet jusqu’à ce qu’il me paraisse bien intégré dans l’environnement) et une     « mathématisation » des actions (ex : je compte quand je me lave les mains, je tiens compte de l’heure pour commencer à manger ou pour me lever… suivant les chiffres « porte-bonheur » que j’affectionne…). Ces exemples datent des « temps forts » de la crise, car j’ai depuis, j’ai repris des forces, retrouvé ma joie de vivre et me suis reconstruite. Mais tout comme le fait de supprimer un fichier dans un ordinateur ne suffit pas à en effacer toutes les traces sur le disque dur, je vis encore avec les derniers vestiges de cette dictature aujourd’hui révolue mais pas totalement disparue.

C’est vrai, par moments, c’est épuisant, étouffant, aliénant… Mais, au final, ce n’est ni plus ni moins que la matérialisation d’un état d’angoisse intense. Ce trouble, s’il n’est pas en soi mortel physiquement, pollue notre esprit au quotidien, au même titre que ces autres poisons que sont les émotions et sentiments négatifs tels que remords, la culpabilité, les regrets, la jalousie, la rancoeur… qui nous obsèdent ou nous rongent de l’intérieur.

Car fondamentalement, cela n’empêche pas totalement de vivre, mais ça prive de l’essentiel : parvenir à aller à l’essentiel et avoir, de manière pleine et entière, accès à une existence épanouissante.

D’une manière générale, dans la vie, face à tous ces liens qui nous enchaînent, même si les périodes de lassitude et de découragement sont inévitables, il faut s’efforcer coûte que coûte de tenir bon, de ne pas lâcher la barre et de garder le cap. Et apprendre à apprécier chaque moment de liberté et de bonheur de vie comme un cadeau inestimable. La joie reste, dans l’absolu, l’unique remède à ces parasites. Et aussi, quoi d’autre que l’Amour nous permet de nous transcender ?! Je me permets à présent de conclure ce petit texte, dont la lecture je l’espère vous sera utile, par un petit message plus personnel : de tout mon Amour, 1 merci infini à mes Parents et à toute ma Famille qui ont tenu bon et qui ne m’ont jamais tourné le dos malgré tout ce que je leur est fait subir indirectement et involontairement.

 

Elisabeth

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